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BTP au Burkina : Arouna Sawadogo, patron de l’entreprise CONSTRUIRE décortique les enjeux du secteur

BTP au Burkina : Arouna Sawadogo, patron de l’entreprise CONSTRUIRE décortique les enjeux du secteur

Gérant de l’entreprise CONSTRUIRE, Arouna Savadogo, évolue dans le Bâtiments et les travaux publics, plus spécifiquement dans les constructions d’écoles. Personne très engagée dans le milieu associative, adepte du sport et enfin homme d’affaires, dans l’entretien qui suit le gérant de l’entreprise CONSTRUIRE décortique avec nous l’actualité économique du moment et du secteur des BTP en particulier. Lisez plutôt !

 

ECODUFASO.COM : Comment êtes-vous arrivé dans le monde des affaires ?

Arouna Sawadogo : J’étais à CFAO en tant qu’ingénieurs d’affaires équipements. Après l’obtention d’un marché de plus de 200 millions de FCFA que j’ai pu engranger grâce à mon travail et ce aux bénéfices de l’entreprise en question j’ai demandé à mon directeur ne serait-ce qu’un petit pourcentage. Ce qu’il a refusé car selon lui, j’étais payé à la fin du mois pour cela. Entre temps j’ai été inspiré par l’idée de lancer ma propre entreprise. Je me suis réorienté. Je me souviens également que j’étais tombé sur un livre d’ONASSIS , un militaire américain qui n’a pas été à l’école mais qui a fait fortune. L’histoire personnelle de ce monsieur qu’il a écrite dans son livre m’a fait comprendre que dans la vie il ne faut pas désespéré et il faut rester positif.

 

Comment se porte le secteur du BTP au Burkina Faso ?

Je dirai que le secteur se porte bien. Quand on fait le tour de la sous-région, à part le Sénégal, c’est le Burkina Faso qui vient en deuxième position. Au Bénin, au Togo en Guinée et en Côte d’Ivoire se sont des burkinabè qui construisent les routes et les universités. Quelques années en arrières le Burkina n’était pas comme il est aujourd’hui. Aujourd’hui il y a une véritable émancipation et la mentalité a même changé. Il y a des personnes qui construisent des maisons de haut standing et même si elles ne dorment pas dedans elles les mettent en location. Il y a souvent des temps morts ou véritablement il est difficile d’avoir un marché mais ce n’est pas pour autant que je vais voir que de la négativité dans le secteur.

 

Pensez-vous que les perspectives en la matière sont prometteuses ?

 

Bien sûre. Quand vous preniez la dernière rencontre du Traité d’Amitié de Coopération entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, on parle de faire une route Ouagadougou jusqu’à la frontière ivoirienne, c’est un gros projet qui va nécessiter un gros financement. Mais au-delà ce type de projet sera confié à un privé qui va recruter nécessairement des burkinabè pareils pour le chemin de fer. Et c’est un exemple parmi d’autres.

 

Aujourd’hui l’actualité économique a dernièrement été secouée par l’adoption à l’Assemblée Nationale de l’allègement des procédures de passation de marchés Partenariat Public Privé (PPP). Et En tant qu’acteur du privé quel est votre lecture ?

Honnêtement je pense qu’il y a des entreprises burkinabè qui peuvent y aller sans problème. A l’exemple de celles qui ont une bonne assisse financière. Il y a des entreprises burkinabè qui ont aussi de bons partenaires à l’étranger il ne faut pas les oublier aussi. Quant aux termes, c’est aux entreprises locales de négocier les termes. Je pense vraiment que les procédures PPP peuvent être bien plus profitables pour nous qu’on ne le pense. Vous voyez même s’il s’agit de PPP avec des entreprises étrangères, au niveau de l’exécution ils demeurent des travaux qu’elles peuvent confier à des petites entreprises locales et cela est toujours profitable pour le pays. Les PPP sont un crédit pour le pays c’est vrai mais c’est une bonne chose. En Côte d’Ivoire quand le Président Alassane Dramane Ouattara est arrivé au pouvoir il a construit en un temps record routes grâce aux PPP. Je qualifie l’actuel débat la dessus comme un jeu politique tout simplement.

 

Le taux de croissance au Burkina Faso a rebondit de 6% en 2016. Avez-vous ressentie cela au niveau du privé ?

 

Ce bon répond en effet à des normes de calculs qui touchent à plusieurs secteurs d’activités. Je n’ai pas d’appréciation personnelle mais je suppose que ce sont des résultats qui traduisent une certaine réalité et c’est la preuve que ça va et je m’en tiens donc à cela.

 

Comment se prote votre entreprise, CONSTUIRE aujourd’hui ?

 

Ma singularité c’est vraiment la construction des écoles. En termes d’acquis sur ce point j’ai pu réaliser des écoles à Houndé, à Cary, et bien d’autres villages. En termes de fonctionnement je procède le plus souvent par sous traitance c’est-à-dire un contrat avec des tâcherons. Par ce que l’une des difficultés majeures que l’on retrouve dans notre secteur est le vol du matériel au sein même de l’équipe. Cela ralentit et fragilise le travail en soi. Pour une jeune entreprise comme la mienne il est difficile de garder un personnel permanent et avec des salaires fixes dans ce contexte. C’est très dur puisque je fonctionne aussi en fonction des marchés que j’obtiens et c’est ma stratégie en attendant de grandir plus que cela. Mais je suis à jour de mes impôts (rires).

 

Parlez-nous de votre engagement associatif ?

C’est vraiment un engagement depuis l’enfance. Je n’aime pas quand on fait du mal à autrui. Après mon Bac quand je suis arrivé au Burkina avec un certain nombre d’amis, on s’est organisé en club comme on le voit très souvent en Côte d’Ivoire et à la fin d’année l’on peut grâce aux cotisations organisé des soirées festives. C’est ainsi qu’on a lancé notre premier Club, Fraternity Club dont j’étais le président. Ce club à évoluer par ce qu’après analyse et pour mieux mener des actions plus utiles on à lancer une association dans le domaine des droits humains avec beaucoup de camarades de la diaspora. Et l’on a trouvé comme appellation le TOCSIN avec comme premier président l’ancien ministre Albert Ouédraogo et je suis le président actuel du TOCSIN.

Je suis très engagé aussi sur le plan sportif notamment les arts martiaux, le rugby, hand Ball, basket Ball et athlétisme et j’étais Co-pilote de Orio pour ce qui du rallye en Côte d’Ivoire. Au Burkina, j’ai commencé par le Taekondo et ensuite le Viet Vodao. J’ai même pu créer la première Fédération du Viet Vodao au Burkina Faso.

Comment arrivez-vous à concilier toutes ses activités c’est-à-dire le business, le sport et la vie associative?

Rires. Quand vous prenez un dictionnaire, vous ne pouvez pas finir de définir le temps. Il ne faut jamais attendre que le temps vienne vers soi. Il faut apprendre à programmer à s’organiser, etc. Que ce soit le sport ou la vie associative j’ai toujours eu l’ultime appel d’être utile et à servir mon pays le Burkina Faso. Il faut juste chercher à voir le temps.

 

Quels conseils  pouvez-vous prodiguer aux jeunes burkinabè en quête d’emploi?

 

Je dis aux jeunes burkinabè de toujours chercher à faire quelque chose. Le Ghana où il y a des écoles techniques en est un exemple bien concret. Ils y en a qui apprennent à cirer des chaussures et la blanchisserie par exemple. Il faut apprendre à faire quelque chose. Aujourd’hui au Burkina tu va trouver que les maçons, les mécaniciens sont pour la plupart originaires d’autres pays. On ne doit pas avoir honte d’apprendre. Quand je prends les policiers qu’on a chassé en 2011 et qui continuent de revendiquer ça me fait mal au cœur. D’aucun pouvaient penser à lancer des entreprises de gardiennage. C’est un exemple parmi tant d’autres.

Il faut que du côté étatique l’on pense à développer d’avantages les écoles techniques pour même former les jeunes qui ne sont pas allé à l’école ou qui ont très vite laissé les bancs de l’école. Il y a beaucoup de choses à faire au Burkina Faso. Et pour cela il faut mettre la société civile à contribution pour sortir le pays de la pauvreté.

 

 

Quelle est votre plus grande fierté aujourd’hui ?

 

Savoir qu’un burkinabè n’est pas un sous homme comme au temps voltaïque est une fierté. Le Burkina post insurrection renait aussi avec une belle image d’un pays qui malgré tout se bat pour s’en sortir. Ma contribution sur le plan sportif avec la fédération du Viet vodao ainsi que celle au sein du TOCSIN me réjouissent énormément. Il faut que les burkinabè s’apprécient d’avantages.

 

Merci

 

C’est à vous le merci car les journalistes contribuent à l’amélioration de la vie courante des burkinabè. Ce rôle de veille est très important pour l’édification de notre pays.

 

Entretien réalisé et retranscrit par Balguissa Sawadogo

 

Balguissa Sawadogo

Ecodfuaso.Com /Ecodafrik.com

 

 

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