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Burkina Faso : 04 cimenteries pour 2,5 millions de tonnes de ciment par an

Burkina Faso : 04 cimenteries pour 2,5 millions de tonnes de ciment par an

Selon le ministère de l’industrie, du commerce et de l’artisanat, la consommation annuelle de ciment du Burkina Faso est de 1,3 million de tonnes. Avec l’urbanisation galopante, les prévisions font état d’une consommation de 10 millions de tonnes/ an à l’horizon 2030. Le marché de l’or gris attire de plus en plus d’investisseurs. Diamond cement n’a plus le monopole. Désormais, 04 cimenteries se partagent le marché. Cette libéralisation a permis une réduction de la tonne de ciment qui est passée de 140 000 FCFA fin 2014, à près de 115 000 FCFA actuellement.

Jusqu’en 2009-2010, Diamond cement était la seule cimenterie du pays. En l’espace de 05 ans, le secteur s’est libéralisé. Cette libéralisation s’est matérialisée par l’arrivée de 03 autres cimenteries : Cimaf, CimBurkina, CimFaso. Diamond Cement Burkina (DCB) est une filiale du groupe indien West African Cement (WACEM-SA) qui capitalise une solide expérience en matière de fabrication de ciment en Inde et en Afrique notamment au Togo, au Ghana et au Mali. DCB a été créé en 2002 suite à l’acquisition de la société des ciments et matériaux (Cimat) en faillite. Pendant près de 12 ans, la société a régner sans partage sur le marché du ciment au Burkina Faso jusqu’en mars 2015. C’est en ce mois que le groupe marocain Ciments de l’Afrique (CIMAF) a inauguré son usine de production dans la zone industrielle de Kossodo. 25 milliards ont été investis sur ce site de 7 hectares qui devra permettre à CIMAF/ Burkina d’avoir une production annuelle de 500 000 tonnes, extensible à un million de tonnes. Cimaf a été suivi par CimBurkina, propriété du groupe allemand Heidelberg. Cette cimenterie a démarré sa production avec une capacité annuelle de 2000 tonnes/ jours soit 800 000 tonnes/an. Son unité industrielle est située à Kossodo. Le démarrage des activités a nécessité un investissement de 25 milliards de FCFA. Le groupe commercialise deux qualités de clinker broyé: le ciment Etalon spécial et le ciment Etalon classique. La dernière née des cimenteries burkinabè est Cimfaso de l’homme d’affaires Inoussa Kanazoé. Inaugurée en fin mars 2015, elle est également implantée à Kossodo. Filiale du consortium burkinabè CIM-METAL GROUP, CimFaso a une capacité de production de près d’un million de tonnes par an, extensible à 1,2 tonne. Elle se présente ainsi comme la « plus grande usine de production de ciment en Afrique de l’Ouest ». Les quatre cimenteries produisent au total 2,5 millions de tonnes par an pour un marché qui en a absorbé 1,3 million en 2014. Le marché du ciment est donc en pleine expansion au Burkina Faso. Les raisons sont multiples. Le pays est en chantier. L’Etat met en œuvre une politique de logements sociaux. Le 16 octobre dernier, un avant projet de loi sur le bail locatif a même été validé. Il permettra de mieux règlementer le secteur des habitations privées. Le Burkina Faso dispose aussi de nombreux promoteurs immobiliers qui font de grandes réalisations chaque année. Ils ont nécessairement besoin de ciment pour leurs travaux. Enfin, les Burkinabè eux mêmes aspirent à avoir une maison à eux.

Faire face aux géants

Ciment BF

Mais puisque la demande nationale n’arrive pas à absorber toute la production, les cimenteries prospectent les marchés voisins pour l’exportation du surplus. L’exportation permet de valoriser l’expertise technique du pays, de crédibiliser les produits locaux et de rapporter des devises au Burkina Faso. Les cimenteries doivent maintenant travailler pour éviter la pénurie de ciment sur le marché national et mettre un accent particulier sur la qualité tant dans leurs prestations que dans leurs produits. Elles doivent en effet faire face à des géants. En Afrique, on ne peut parler de cimenterie sans citer Dangote Cement. Le plus grand producteur de ciment sur le continent poursuit son expansion notamment au Nigeria, principal marché du groupe mais aussi dans d’autres pays africains : Cameroun, Ethiopie, Kenya, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Zambie… Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, s’est construit un véritable empire du ciment en à peine dix ans. Sa capacité de production est désormais vertigineuse : 34 millions de tonnes en 2014. En 2020, Dangote Cement espère pouvoir produire 100 millions de tonnes par an.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

Un commentaire

  1. Ce qui est tout de même génant, est que 3 cimenteries se sont créées la même année (2014), dans la même ville: curieux n’est ce pas?

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