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Comment la gouvernance et les institutions peuvent contribuer à accélérer la croissance économique en Afrique ? Entretien avec le Pr. Idrissa Ouédraogo, Economiste et Directeur du CEDRES

Comment la gouvernance et les institutions peuvent contribuer à accélérer la croissance économique en Afrique ?  Entretien avec le Pr. Idrissa Ouédraogo, Economiste et Directeur du CEDRES

Le Centre d’Etudes, de Documentation et de Recherches Economiques et Sociales (CEDRES) tient du 19 au 20 Octobre 2017 à Ouagadougou un colloque International sur le thème « Institutions, gouvernance et développement Economique en Afrique ». En prélude à cette importante rencontre de la crème des Economistes africains au Burkina, le Pr. Idrissa Ouédraogo, développe dans l’entretien qui suit les enjeux et l’intérêt d’un tel cadre pour les économies africaines.

 

Ecodufaso .com : Le CEDRES dont vous assurez la Direction est en plein préparatifs d’un colloque international qui se tiendra très bientôt à Ouagadougou. De quoi s’agit-il exactement ?

Pr. Idrissa Ouédraogo : Il s’agit d’une rencontre qui va regrouper des chercheurs et des praticiens venus de plus d’une dizaine de pays d’Afrique et hors d’Afrique en vue d’échanger sur les résultats de leurs travaux de recherche portant essentiellement sur la thématique du colloque. Très globalement, il s’agira de discuter des relations de causalité qui existent entre la gouvernance et les institutions d’une part et le développement économique d’autre part. Nous tenterons de montrer comment la gouvernance et les institutions peuvent contribuer à accélérer la croissance économique, le développement et la réduction de la pauvreté en Afrique

 

Le forum s’appesantira sur les questions de gouvernance dans toute ses composantes. De l’œil de l’Economiste que vous êtes quelle appréciation faites-vous du présent thème et le contexte actuel du Burkina Faso ?

Comme chacun de nous peut le constater, les stratégies de développement économique et de lutte contre la pauvreté qui ont été mises en œuvre dans la plupart des pays africains, ont eu des résultats très peu satisfaisants. La pauvreté n’a presque pas diminué en Afrique Sub-Saharienne. Au contraire, le nombre de pauvres a augmenté dans l’ensemble de ces pays. Plusieurs facteurs ont été avancés pour expliquer ces résultats. Mais au-delà des différentes considérations, on notera que de nombreux économistes se sont convaincus du fait que le déficit de gouvernance et les mauvaises institutions expliquent en grande parti cette situation.

Il faut en effet reconnaitre que depuis toujours, la quasi-totalité des pays africains ont de forts déficits de gouvernance qui se traduisent notamment, à travers de forts taux de corruption, de gestion calamiteuses des finances publiques, d’un manque de démocratie et d’une justice inféodée aux pouvoirs en place. La situation au Burkina Faso est tout à fait identique à celle de ces pairs africains. C’est du reste, l’une des raisons majeures de l’insurrection que le pays a connu en octobre 2014.

C’est dans ce contexte que la prise en compte des variables de gouvernance et de qualité institutionnelle dans les travaux sur la problématique du développement a gagné un intérêt particulier aussi bien pour les décideurs publics que pour les agences de développement. Ainsi, la promotion de la bonne gouvernance est devenue une condition d’éligibilité aux appuis financiers des institutions de Brettons Woods (Banque mondiale et Fonds monétaire international) et de nombreux partenaires bilatéraux.

Mais en dépit de ces exigences, plus de deux décennies après l’instauration des politiquas fondées sur les préceptes de bonne gouvernance, les performances en termes de développement des pays de l’Afrique sont en deçà des attentes comparées à d’autres régions du monde. En effet, l’expérience des pays asiatiques qui ne sont pas forcément des modèles de démocratie et de bonne gouvernance amène à s’interroger sur la nature et le type d’institutions et de gouvernances adaptées aux pays africains.

 

Quels seront les grands axes de ce colloque ?

Nous avons prévu trois axes qui ont pour ambition de couvrir les différentes dimensions de la gouvernance. Le premier axe porte sur la gouvernance politique et économique. Il s’agira ici de discuter entre autres éléments des relations entre démocratie et croissance économique, de la gouvernance et des choix de politique économique, de l’asymétries de pouvoir et l’efficacité des politiques de développement. Cet axe donnera aussi l’occasion de mener des analyses comparées des expériences de réformes économiques et développement (Pays émergents et pays en développement…) et des partenariats pour le développement

Le second axe traitera de l’impact de la qualité des institutions et de la gouvernance sur le développement économique. Cet axe donnera l’occasion de discuter des thèmes tels que hommes forts ou institutions fortes pour une émergence économique en Afrique ; des mutations et transformations institutionnelle nécessaires pour le développement économique ; des objectifs du développement durable (ODD) ou encore des institutions formelles vs informelles et politiques publiques en Afrique et des ressources naturelles.

Le troisième axe est consacré à la gouvernance et le secteur privé. Il s’agira dans cet axe de discuter des questions de corruption et de liberté individuelle, du climat des affaires et de la sécurisation des investissements, de la propriété privée et de gouvernance d’entreprise.

 

Nous sommes pratiquement à la veille du colloque. Comment vont les préparatifs ?

Les préparatifs se passent bien. Les chercheurs du Laboratoire se sont mobilisés et font du très bon travail. Nous avons eu la confirmation de tous les communicateurs qui ont été sélectionnés pour présenter leurs travaux à ce colloque et aussi celles des différents invités. Il faut peut-être indiquer que nous avons reçu plus d’une centaine de propositions de communications de chercheurs venant de 12 pays d’Afrique et hors d’Afrique. Nous avons sélectionné 30 articles qui seront présentés pendant les deux jours du colloque.

 

Avez-vous des attentes particulières ?

Oui, mon souhait est que ce colloque soit l’occasion de débat fructueux pour tous ceux qui s’intéressent à l’économie, pour tous ceux qui sont engagés dans le combat pour un meilleur développement. J’espère que les papiers présentés lors de ce colloque puissent être finalisé sous forme d’articles à publier dans des revues scientifiques. J’attends aussi que de ce colloque sortent des recommandations de politiques économiques qui guideront les décideurs politiques de nos pays.

 

Un mot pour conclure

Juste saisir l’occasion pour inviter vos lecteurs à participer au colloque afin d’enrichir les débats qui naitront lors des communications qui seront faites.

 

Entretien réalisé par Balguissa Sawadogo

 

Balguissa Sawadogo

Ecodufaso.com/Ecodafrik.com

 

 

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