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CORIS BANK La vérité sur la paternité ?

CORIS BANK La vérité sur la paternité ?

L’insurrection populaire du 30 octobre dernier, a remis au grand jour les nombreuses interrogations et conjectures sur les liens présumés et l’appartenance d’une kyrielle d’entreprises privées du pays (télécoms, hydrocarbures, financières, BTP, etc.) à la famille Compaoré. Coris Bank n’y a
pas échappé et fait les frais de cette lancinante controverse. Exclusif.

De sa date de création à aujourd’hui, Coris Bank Group fait l’objet de rumeurs sur les lèvres des Ouagalais. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. La curiosité des uns et des autres y aidant, toutes sortes de conjectures aiguisent les «fadas» (causeries de quartiers) et les salons de thé. À notre arrivée sur place, une semaine après le soulèvement populaire, nous avons pu constater cette grosse fièvre de fantasmes bâtis autour de ce petit poucet bancaire devenu en si peu de temps le mammouth de la place financière de Ouagadougou. Tout le monde veut y croire, mais pas facile sur un coup de baguette magique de leur faire accepter cette saga fabuleuse, construite au gré de laborieuses épreuves. Ici et là, la population reste partagée entre deux postures ou évidences : celle d’un résultat d’un travail acharné conduit par un jeune entrepreneur burkinabé et celle que l’on pourrait appeler «Family Compaoré connexion».

Beaucoup estiment que derrière cette ascension fulgurante de Coris Bank subitement, qui à la fois agace et intrigue, la main de François Compaoré, celui que l’on a surnommé avant le 30 octobre dernier le président Bis du Faso, y est pour quelque chose. La montée en puissance de la mégabanque burkinabée devant les filiales des majors offshore, BNP Paribas, Société Générale, matérialisée par une rapide augmentation de capital passée de 10 milliards de f CFA à 25 milliards de f CFA, a suscité beaucoup d’interrogations. En réalité, confirment des sources bancaires
autorisées, la force et le secret de cette banque résident dans l’activité principale de son coeur de métier, les petites et moyennes entreprises et petites et moyennes industries. Une niche à forte croissance que les autorités de CBI ont vite flairé pour établir la différence d’avec ses concurrents majors surtout et qui se sont toujours montrés très frileux sur la place financière de Ouaga dans la mobilisation des lignes de prêts aux PME-PMI et souvent ne jouent pas les premiers rôles.

Les initiés mettent à l’avant l’innovation de son système de travail différent, souple et adapté au crédit au profit des populations démunies et
du secteur semi-industriel de l’Afrique. La rumeur a ainsi longtemps attribué la paternité et la propriété de la mégabanque à la famille Compaoré. Tantôt c’est François Compaoré à qui l’on attribue la propriété, clament certains, tantôt ce sont ses proches via des prête-noms. Un monstre à plusieurs têtes que les Burkinabés peinent à disséquer et attendent des réponses claires. En vérité, si les conjectures enflaient en coulisses sur l’appartenance de CBI à un clan de l’establishment Compaoré, c’est que les luttes d’influence sur la place bancaire de la capitale ont pris des proportions poignantes.
Une bataille sans merci à couteaux tirés. La Commission bancaire, elle, s’est toujours félicitée des résultats financiers -ces dernières années- en forte croissance de Coris Bank, publiés à temps contrairement à des banques opérant sur le marché et son respect de tous les ratios de bonne gestion.

Tour de table

Nos enquêtes nous ont permis de lever l’identité en exclusivité des constituants du tour de table de CBI. Au total, ce sont 43 associés dont entre autres Sonapost, Caisse nationale de sécurité sociale, une compagnie d’assurance (UAB, Union des assurances du Burkina) la BOAD et un partenariat fort avec Afreximbank basé au Caire, la SFI (branche du secteur privé de la Banque mondiale) et l’AFD via son fonds de garantie Ariz. Aucune traçabilité ou proximité avec la famille Compaoré.
La configuration de l’actionnariat est sans appel et démontre l’inexistence d’un lien entre la famille Compaoré et la banque. Ni les capitaux apportés ni les dépôts à terme ne font ressortir la proximité ou l’appartenance d’une quelconque action à Compaoré Family ou ses proches, nous a confirmé une source très au parfum du dossier.

Y a-t-il des prête-noms dissimulés ?
Aussi bien du côté des milieux d’affaires que du patronat burkinabé, les soupçons de prête-noms ne sont pas une thèse qui tient la route. Du moins, on refuse de croire que cette ascension rapide de la mégabanque qui a réalisé un total bilan de 452 milliards de f CFA fin exercice 2013 serait liée à la présence de l’ex-oligarchie chassée des affaires. Ça et là, on s’accorde à reconnaître que la success-story de Coris Bank continue à faire les frais de l’effacement et de la discrétion de son patron Idrissa Nassa, qui devrait apprendre à mieux communiquer. Pour la petite histoire, on se plaît à rappeler le parcours de géant de ce jeune entrepreneur Nassa Idrissa qui a commencé par le commerce, le négoce, le crédit avant de reprendre la FIB
(Financière du Burkina) un établissement financier qui était en administration provisoire qu’il a su redresser avant de la transformer en banque.

L’affaire Coris Bank qui défraie la chronique à Ouagadougou s’est révélée au finish comme la montagne qui a accouché d’une souris. Pour ne pas simplement dire un ballon d’autruche !

Ismael Aidara,
envoyé spécial à Ouagadougou

Les Afriques

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