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Intelligence Economique: 3 questions au Spécialiste, Guy GWETH, Président du CAVIE

Intelligence Economique: 3 questions au Spécialiste, Guy GWETH, Président du CAVIE

 

Guy Gweth est le fondateur de Knowdys Consulting Group, leader du conseil en intelligence stratégique et du diligence en Afrique subsaharienne. Responsable du programme «Doing Business in Africa» à l’Ecole Centrale de Paris, chef du Département Afrique à l’École de Guerre économique de Paris, il enseigne la géostratégie à l’Université de Reims, et l’analyse économique à BBS School of Management de Libreville. Il est président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE). Présent à Ouagadougou dans le cadre du lancement de la représentation du CAVIE au Burkina Faso, l’expert sur les questions d’intelligence économique nous a réponds à nos questions dans l’entretien qui suit.

 

Ecodufaso.com : Vous êtes présent à Ouagadougou dans le cadre d’une conférence organisée par votre association le CAVIE. Succinctement quelle a été la consistance de cette conférence ?

Durant cette conférence nous avons eu plusieurs séquences. La première était bien évidemment de présenter le Centre africain de veille et d’intelligence économique. Ensuite il a été extrêmement important pour nous de souligner l’approche africaine de l’intelligence économique qui est encore essentiellement basée sur le renseignement humain attendu que la numérisation est en progression dans nos pays et que cette singularité fait que l’approche de l’IE de l’Afrique ne peut pas être la même qu’on pratique aux Etats Unis, dans les pays Européens et en Asie. Cela a constitué la deuxième séquence de notre présentation. La troisième nous a permis d’entrer dans le dur, d’envisager tour à tour les cinq surveillances de base, de pousser plus loin le bouchon de l’investigation pour voir, quelles sont les outils, les méthodes et même l’état d’esprit grâce au quelle on mobilise les moyens permettant de faire soit la veille concurrentielle, soit la veille technologique, soit la veille environnemental et j’en passe de bon. Tout cela pour contribuer à la compétitivité des entreprises dans lesquelles opèrent les participants conviés à notre conférence. Nous avons bouclé par l’aspect influence. On a brossé très rapidement les tenants et les aboutissants du lobbying à la fois au niveau international, et plus spécifiquement au niveau africain.

Voulez-vous dire par là qu’il a un vide concernant l’intelligence économique(IE) en Afrique ?

 

C’est même un combat qui a participé à la création du CAVIE. En termes d’intelligence économique, il y a chez nous un devoir impérieux de sensibilisations pour que cette thématique devienne centrale au sein de nos entreprises car nous sommes aujourd’hui dans une économie monde. Jamais dans l’histoire de l’humanité l’Afrique n’a été aussi courtisée qu’elle est aujourd’hui. Donc, si nous n’avons pas un système de défense par la protection de nos intérêts, je pense à la sanctuarisation de nos intérêts stratégiques, si nous ne mettons pas un dispositif de défense, mais aussi un dispositif offensif pour aller à la conquête des marchés extérieurs l’on risque de connaître ce que nous avons jadis connu c’est-à-dire une colonisation qui ne sera plus ce que nous avons connu autre fois mais plutôt dans l’angle économique. Et ce sera bien dommage qu’il en soit ainsi alors que l’on a eu tous les signaux montrant qu’il fallait fait attention et Dieu merci il est encore temps de faire attention et de prendre toutes les mesures qui s’imposent.

Justement au-delà de la sensibilisation il y a-t-il d’autres alternatives pour permettre aux entreprises africaines de s’accaparer de la démarche intelligence économique ?

Après avoir sensibiliser l’autre étape c’est la formation. Nous travaillons beaucoup à la formation des cadres, des cadres supérieurs, mais aussi et surtout nous pensons à la génération qui viendra après. C’est pourquoi nous sommes en train de lancer ce fameux MBA avec l’école supérieure de gestion de Paris en intelligence économique et stratégie africaine. Cela nous permet aussi de remettre au bout du jour l’approche africaine de la stratégie dont on n’entend pas beaucoup parler au niveau internationale. Mais il y a un autre aspect tout aussi important que celui de la production de connaissances par ce que vous savez, on est engagé dans la guerre cognitive et nous africain on en a encore un peu trop à la ramasse des normes étrangères, horde des aspects primordiaux de la guerre économique. L’intelligence économique plus généralement consiste à avoir une certaine autonomie de penser en matière de fabrication des normes , d’outils et de méthodologie, que nous devons utiliser pour faire face à la concurrence qui est déjà dans nos murs.

Entretien réalisé Balguissa Sawadogo

 

 

Balguissa Sawadogo

Ecodufaso.com/Ecodafrik.Com

 

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