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Jardins super potagers : Pour faire face à l’insécurité alimentaire

Jardins super potagers : Pour faire face à l’insécurité alimentaire

Les contraintes rencontrées dans l’agriculture pluviale et dans le jardinage au Burkina Faso font que la plupart des ménages ruraux éprouvent des difficultés pour avoir suffisamment de nourriture de qualité toute l’année. Cette situation fait que l’insécurité alimentaire est une menace permanente pour les populations en milieu rural. Accéder en tout temps à une alimentation sûre et nutritionnellement adéquate est pourtant l’un des droits fondamentaux de tout être humain.

Mais comment y parvenir quand on dispose de quelques terres, d’un peu de main-d’œuvre et de peu de semences ? L’une des solutions est de recourir aux jardins super potagers qui font leurs preuves au Burkina. De quoi s’agit-il ?

Le super potager vise à développer les communautés en les aidant à atteindre l’autosuffisance alimentaire. Le super potager est un kit composé de semences adaptées (sans OGM), de matériel d’irrigation, d’outils innovants tels que des voiles de protection. Grâce à ce mode de culture biologique intensif, la production s’étale tout au long de l’année avec un cycle très régulier de 45 jours quelle que soit la saison. De plus, ce système réduit la consommation d’eau de plus de 80 %. Les super potagers permettent d’augmenter la production de légumes frais, de valoriser les ressources en eau, d’avoir une production efficace y compris hors saison, de développer et diversifier les cultures à forte valeur ajoutée,…

Grâce aux jardins super potagers, les ménages arrivent à subvenir à leurs besoins alimentaires et à se procurer des revenus du fait de la vente de leurs productions. Ils arrivent ainsi à s’octroyer des biens personnels (bicyclettes, motos, vêtements, téléphones portables, etc.) des biens familiaux (achat de parcelles, construction de maisons, scolarisation des enfants, etc.)

Les producteurs de la région du Centre-Ouest (Koudougou, Réo) possèdent de nombreux jardins potagers. Ils sont spécialisés dans la production d’oignon. En 2013, pour faire face aux problèmes de stockage et de mévente, le Programme d’Appui aux filières Agro-Sylvo-Pastorales (PAFASP) a investi plus de 200 millions de FCFA dans la région pour la construction d’infrastructures marchandes afin de faciliter le groupage et la commercialisation de légumes, principalement l’oignon. Outre le comptoir de l’oignon de Koudougou, le PAFASP a également réalisé au bénéfice des acteurs maraichers quatre comptoirs relais à Tita, Ténado, Réo et Kyon.

Avec ces infrastructures, les producteurs se frottent les mains. Le sac de 50 kg d’oignon qui coûte environ 4000 FCFA sur le marché peut avoisiner 50 000 FCFA d’août à octobre. A partir du comptoir de l’oignon de Koudougou, une partie de la production est acheminée à l’intérieur du pays et dans des pays voisins comme le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Togo. A toutes les étapes (tri, manutention, chargement), chaque acteur tire son épingle du jeu avec de substantiels gains journaliers. Dans un pays où l’insécurité alimentaire est monnaie courante, la vulgarisation des jardins potagers peut contribuer efficacement à la résilience des populations.

Aimé Florentin BATIONO
ecodufaso.com/ ecodafrik.com

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