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Le Burkina Faso produit plus de 30 millions de têtes de volailles par an

Le Burkina Faso produit plus de 30 millions de têtes de volailles par an

L’aviculture est en plein essor au Burkina Faso. Deux grands types sont pratiqués : l’aviculture villageoise, basée sur l’élevage de races locales suivant un système extensif, et l’aviculture « moderne », basée sur l’élevage de races importées. L’aviculture villageoise se pratique en milieu rural. Elle joue des fonctions économique (viande de volaille pour la consommation, oeufs de table), de cohésion sociale (activité génératrice de revenus pour les femmes, prestige social) et culturelle (utilisation des poulets de race locale et des oeufs à coquille blanche lors des cérémonies traditionnelles). Les maquis de tout le pays sont approvisionnés par ces élevages villageois, dont la qualité de viande est recherchée. L’aviculture moderne (poulets de race ou de chair) est une activité purement économique.
Le Burkina Faso produit une trentaine de millions de têtes de volaille par an. Selon la Direction des statistiques du ministère des ressources animales, en 2011, le cheptel du Burkina Faso comptait exactement 35 359 174 volailles soit 28 267 052 têtes de poules et 7 092 122 têtes de pintades. A cet effectif, il faudrait ajouter les canards et dindons. Du côté des bovins, on enregistrait 7.6 millions de têtes de contre 17,7 millions d’ovins et de caprins. La même année, le Burkina Faso a exporté plus de 80 000 têtes de volailles. Le reste a servi à la consommation locale. Quand on sait que la seule ville de Ouagadougou absorbe plus de 50 000 poulets par jour, on peut aisément comprendre pourquoi les gallinacés sont aisément appréciés au niveau national.

La plupart de ces poules viennent de l’élevage des paysans. La grippe aviaire signalée en début d’année 2008 dans certains pays limitrophes et qui a justifié la prise de mesures suspensives des échanges commerciaux des produits aviaires n’a pas eu d’impact fondamental sur les prix des gallinacées. Cette année, la grippe aviaire a décimé plus de 200 000 poules entrainant des pertes de l’ordre de 3 milliards de FCFA. La baisse de la demande extérieure qui aurait pu induire une baisse des prix a été contrariée par la crise alimentaire qui a paradoxalement entraîné un accroissement de la consommation de volailles locales au détriment de la « viande rouge » (bovins, ovins et caprins). Les prix ont donc connu une hausse. Les poulets qui s’achetaient à 1500 voire à 1250 à certains endroits sont passés à 3000 et à 3500 FCFA. Cette hausse du prix d’achat n’en diminue pas moins leur consommation. Bien au contraire !

Des défis à relever

Á l’instar de tout le secteur agricole, l’aviculture burkinabè fait face à de nombreuses contraintes.
Si la viande de poulet est prisée, les conditions d’abatage et de conservation par exemple laissent généralement à désirer dans la plupart des lieux de vente. Pour réduire les risques d’infection, le ministère des ressources animales a lancé l’initiative abattoirs mobiles le 07 octobre 2014 à Ouagadougou. Pour le démarrage, 02 abattoirs seront implantés à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. Au fil des ans, les autres grandes villes bénéficieront elles aussi des infrastructures. D’un coût global de 6, 8 milliards de F CFA, ce projet qui dure 02 ans, devra à terme permettre la construction de douze abattoirs mobiles dans huit (8) régions du pays et deux abattoirs modernes dans les villes de Kaya et de Ziniaré. Avec de telles installations, les vendeurs pourront commercialiser de la viande saine contribuer ainsi à préserver la santé des consommateurs.

Volaille par an3

Le secteur est aussi confronté à des problèmes de financement. Les petits producteurs, majoritaires, sont particulièrement vulnérables du fait notamment de l’émergence et de la persistance des épizooties. Cela leur rend difficile l’accès aux crédits auprès des banques. Ils se rabattent alors sur les institutions de microfinance, dont les conditions ne sont pas toujours appropriées.
Le foncier est un autre facteur limitant le développement de la filière avicole, surtout en zone périurbaine. Contraints de se déplacer régulièrement, les « aviculteurs itinérants » sont dans l’obligation de réinvestir sans cesse dans leur activité, avant même que leurs derniers investissements ne soient rentabilisés.

L’aviculture burkinabè rencontre également des problèmes en termes de compétences techniques. Les employés sur les exploitations sont très souvent déscolarisés et recrutés sans aucune formation préalable. Les rares personnes ayant suivi une formation dans le domaine préfèrent créer leur propre élevage ou travailler dans le secteur public.

Certains opérateurs économiques s’adonnent en outre aux importations massives de viandes de volailles et d’oeufs de table. C’est ainsi que des poulets de chair continuent d’envahir le pays au détriment de la production locale.
Le 19 septembre 2014 par exemple, de concert avec la Ligue des consommateurs du Burkina, la Direction Générale des Services Vétérinaires a procédé à l’incinération de plus d’une tonne de poulets de chair interdite. La cargaison était composée de poulets de chair, de viande de perdrix, de viande de dinde et de carcasses de moutons non inspectées au préalable par les services vétérinaires. Ce genre de pratiques sont malheureusement monnaie courante d’autant plus que certains arrivent à passer entre les mailles des filets en dépit de la vigilance des structures. Ce sont donc là autant de défis que le Burkina Faso doit relever pour professionnaliser et rentabiliser son aviculture.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/ Groupe Ecodafrik

Lire aussi : Les Ouagallais consomment plus de 50 000 poulets par jour

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