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Portrait Mamadou Judicaël Traoré : Directeur Général du Cabinet RIO Business

Portrait Mamadou Judicaël Traoré : Directeur Général du Cabinet RIO Business

Le 12 août de chaque année, la communauté internationale célèbre la journée internationale de la jeunesse autour des maux qui minent cette couche de la société. Déterminé et dynamique, lui en a fait son combat personnel. Originaire de la Région des Hauts Bassins au Burkina Faso, Mamadou Judicael Traoré car c’est de lui qu’il s’agit, a fait dès son jeune âge l’option de du travail et du don de soi pour déplacer les montagnes autour de lui. Technicien supérieur en agronomie, et expert en gestion de projets et d’entreprises, entre Monsieur Traoré et l’entreprenariat c’est plus qu’une question de conviction et de passion en témoigne son parcours. Des micros entreprises développées pendant les années estudiantines en passant par les prestations de consultant et enfin la création du Cabinet RIO Business (Réseau International des Opportunités d’Affaires) en 2014, allons à la découverte d’un parcours édifiant dans l’entretien qui suit.

 

ECODUFASO.COM : Quelle est l’historique du Cabinet RIO Business ?

Mamadou Judicaël Traoré : L’idée de lancer ma propre entreprise je l’ai nourrie depuis que j’étais à l’université. Créer un cabinet n’est pas une chose aussi simple. Donc j’ai appris à son temps que je devais encore murir l’idée, la développer avant d’aboutir au projet en tant que tel. Ce que j’ai fait. Mais au moment de développer mon idée de départ j’ai compris qu’il me fallait encore plus de ressources matérielles, humaines et financières pour pourvoir créé le cabinet. Je suis issu d’une famille aux ressources modestes et ce n’était pas évident d’autant plus que les jeunes de mon âge n’ont pas aussi accès au financement du système bancaire. Qu’est ce qu’il fallait faire ? J’ai donc entrepris à mon niveau de trouver d’autres voies pour y arriver en développant mes micros entreprises.

 

Vous êtes un technicien agronome de formation. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer en entreprenariat ?

 

Dès l’université j’ai compris que c’était compliqué pour l’Etat d’employer tout le monde. A l’université j’ai étudié les sciences biologiques c’est-à-dire l’agronomie. L’on se retrouvait souvent lors des cours à plus de trois cent à quatre cent étudiants dans un amphi et je me posais des questions déjà à son temps si l’Etat devait embaucher tous ce monde ce n’est pas évident. J’ai donc compris que comme l’Etat n’est pas la seule porte de sortie il faut développer des stratégies afin d’y arriver seul.

Aussi après analyse j’ai compris qu’il allait m’être difficile de développer quelque chose rapidement. C’est là je me suis orienté plus tard en gestion des projets. Pendant ce temps j’avais décidé de me prendre en main en développant mon business notamment la vente des chemises, des chaussures, des pantalons, des rideaux, etc. A travers cette dynamique il faut dire que j’avais mes objectifs. Il s’agit dans un premier temps de pourvoir engrangé des moyens, pour pouvoir développer le cabinet par la suite. Ce qui m’a permis de pouvoir épargner un minimum de ressources toute chose qui ne suffisait pas pour lancer le cabinet. Je me suis lancé dans le domaine des céréales.

Expliquez comment cela se faisait parallèlement à vos études ?

J’avais développé ma propre stratégie. Je me promenais dans les différentes structures du privé comme du public, avec mes marchandises. Parmi ma clientèle cible il y en a qui payait cache comme certain aussi qui préférait attendre la fin du mois pour me payer. Aujourd’hui il y a quelques ‘uns de mes anciens clients que j’ai formés en entreprenariat et qui s’en revenaient pas.

Pour ce qui est des céréales j’ai constaté que c’est souvent difficile pour certains de s’octroyer un sac de riz de 25 ou 50 kilos. J’ai donc décidé de les conditionner à partir de 1 à 5 kilos pour les rendre accessibles à toutes les bourses. Partant de la cela a très bien marché. C’est vraiment ce qui m’a permis d’avoir encore plus de ressources financières pour véritablement lancer le cabinet RIO Business.

 

Depuis combien temps que le cabinet existe ?

 

Cela fait trois ans maintenant que le cabinet existe. Mais mes activités de consultation je les ai commencées depuis 2012. Par ce que depuis ce temps déjà je proposais mes offres en formation. Et c’est finalement en 2014 que j’ai pu formaliser mon entreprise et commencer mes activités à proprement dites.

 

Que propose concrètement le cabinet en termes de formation ?

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Vous voyez une particularité chez moi, c’est que je n’aime pas faire ce que les autres ont l’habitude de proposer déjà. Je peux exploiter une idée quelconque tout en ajoutant ma touche personnelle pour avoir le plus qui fait la différence. Au début j’ai trouvé qu’il y avait déjà de nombreux cabinets qui proposaient déjà des offres de formation en entreprise. Nous l’avons aussi exploité au départ je l’avoue. Mais plus tard je me suis dit, qu’il fallait que j’apporte une valeur ajoutée. Et à ce sujet j’ai vu que partout l’on fait la promotion de l’entreprenariat mais l’on arrive malheureusement pas jusqu’au bout. Donc j’en ai fait un combat personnel. Depuis 2014 à aujourd’hui nous avons formé plus de 1800 jeunes en entreprenariat. Mais la question qui me restait à la gorge c’est est ce qu’il fallait juste formés les jeunes et les laisser à leur sort ? Ma propre expérience m’a servi à ce niveau. J’ai commencé mon business avec 100 000 F CFA. J’ai trouvé que cela pouvait aussi être le cas pour les jeunes que je forme. J’ai mis sur pied un programme le tout premier d’ailleurs de mon cabinet. Il s’agit du Programme d’accompagnement des jeunes promoteurs du Burkina Faso, dont le ministère de la jeunesse et quelques institutions financières sont partenaires. Nous formons donc les jeunes et les accompagnons en même temps avec des micros crédits c’est-à-dire des crédits de 100 mille, 150 mille et à 200 mille afin que ceux ceux-ci puissent développer quelque chose. Nous ne les laissons pas seuls. Ils sont suivis régulièrement en termes de conseils et de renforcement de capacités.

 

Quelle est l’approche utilisée pour le recrutement de ces jeunes ?

 

Au départ l’on publiait les offres de formation pour que ceux qui sont intéressés puissent venir s’inscrire. Par exemple il y a l’initiation à la culture entrepreneuriale qui est un volume de 9 heures de temps réparti pendant trois jours et qui coûte 20 000 F CFA selon le module. Nous avions aussi des programmes que l’on lance avec des tarifs subventionnés. La formation est sanctionnée par une attestation plus bien d’autres opportunités. A mon niveau je bannies, la gratuité et le gain facile. Quand tu veux réussir, il faut vraiment se donner de la peine et y travailler ardemment. La jeunesse souffre aujourd’hui par ce qu’on nous a toujours appris à tendre la main et à gagner gratuitement. Prenez par exemple les séances de formation avant ou on te formait et on te donnait de l’argent. C’est pourquoi aujourd’hui quand on demande à un jeune de débourser de l’argent pour sa propre formation, c’est tout un problème. Nous avons lancé un programme de formation en entreprenariat en partenariat avec les mairies d’arrondissement de Bobo, qui a été subventionné à moitié par la coopérative d’épargne et de crédits COPEC Galor.

 

Quel bilan faites-vous de ces trois années de fonctionnement de votre entreprise?

Je suis aujourd’hui très satisfait. J’ai commencé très petit et aujourd’hui en termes de bilan, le cabinet est en train de s’accroître. Nous avons une représentation à Dédougou, à Koudougou et Ouaga. En trois ans, c’est bien. Mais je ne m‘en contente pas par ce que j’ai de grands projets pour le cabinet ce qui me fait dire que rien n’est fait d’abord. J’ambitionne de couvrir tout le territoire national et voir au-delà du Burkina Faso.

Vous avez évoquez des partenaires avec qui vous travaillez déjà. Qui sont-ils ?

En effet, à ce jour, à part COPEC Galor et le ministère de la jeunesse nous n’avons véritablement pas de partenaires. Nous sommes toujours à la recherche de partenaires d’aide à la création d’entreprises.

 

Parlez-nous des difficultés auxquelles vous avez dû faire face dans votre parcours d’entrepreneur.

Dans la marche entrepreneuriale les blocages sont énormes. J’en ai eu pas mal. Je les partages souvent avec les jeunes que je forme. Au début on t’appelle dehors PDG c’est bon mais il y a des moments quand tu rentres chez toi c’est de l’eau que tu bois pour dormir. Il y a des moments pour être à jours des charges fixes, c’était la croix et la bannière. L’autre difficulté à laquelle on a dû faire face c’est le marché. On lance une fois deux à trois, ça ne marche pas. Il fallait donc avoir plus ténacité. Il a y a aussi des problèmes d’ordres financiers par ce que quand on grandit les besoins s’accroissent également. Là je pourrais associer les soucis matériels et de ressources humaines. Mais on y arrive toujours à force de persévérance et de ténacité.

Quels sont projets à court terme ?

Nous avons des projets et le cabinet à lui seul ne saurait les réaliser sans un apport externe. Nous sommes à la recherche de partenaires financiers pour nous accompagner. Car il est regrettable de former de nombreux jeunes sans pour autant pouvoir les accompagner pour qu’ils s’en sortent d’eux-mêmes. Les jeunes formés à notre niveau n’ont même pas besoin de cinq cent à un million pour commencer. Avec cent à cent cinquante mille F CFA, ils entreprennent sans problème. Notre expérience avec COPEC Galor s’inscrit dans ce sens et sur la base des plans d’affaires présentées par ces jeunes formés à RIO Business ceux-ci sont accompagnés.

Quelle est votre spécificité comparée aux nombreux cabinets sur le marché ?

En trois ans nous avons montré nos preuves les Maires d’arrondissements à Bobo peuvent en témoigner. Aujourd’hui ce n’est plus le cabinet lui-même qui fait sa propre promotion mais les jeunes eux-mêmes. Nous avons compris que lorsqu’un service est bien et met la qualité à la base de ses productions tout fini par payer. Nous plaçons le sérieux au cœur de nos actions.

Un mot pour conclure notre entretien

Grand Merci à Ecodufaso qui m’offre cette occasion de m’exprimer et parler des choses qui tiennent à cœur. Quand on parle d’entreprenariat à n’importe quel moment, je suis prêt. C’est une véritable passion. Nous avons vraiment de grands projets et j’invite d’ores et déjà les jeunes à nous nous contacter afin qu’ensemble on puisse faire chemin et s’entraider pour montrer que nous sommes des jeunes consciencieux et dévoués. Ma vision est de me rendre utile car quand tu te rends utile on te prend au sérieux. J’ai foi en la jeunesse burkinabè et je sais que tout est possible quand on y croit.

Merci

Entretien retranscrit par Balguissa Sawadogo

Ecodufaso.com/Ecodafrik.com

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