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Rumeurs de dévaluations du Franc CFA: la CEMAC qui pleure, l’UEMOA qui rit …

Rumeurs de dévaluations du Franc CFA: la CEMAC qui pleure, l’UEMOA qui rit …

Jamais depuis sa dévaluation de 1994, le Franc CFA n’a fait l’objet de rumeurs aussi intenses quant à une probable dévaluation. Mais, à la différence de la situation d’il y a 23 ans quand l’ensemble de la région souffrait d’une débâcle générale, nous assistons, en 2017, à une césure nette entre le Franc de la Communauté économique des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC) et celui de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). L’Afrique Centrale a des réserves de change qui couvrent 2 mois d’importation contre plus de 5 mois pour l’UEMOA. A la forte croissance attendue de cette dernière (6,8%), s’oppose un taux prévisionnel de 1% le long de la ligne de l’Equateur.

Le premier groupe, composé de pays pétroliers à l’exception de la République Centrafricaine (RCA) et en général à forte pluviométrie fait face à une fonte de réserves de change au rythme de 500 millions de dollars par mois sur l’année 2016 selon Alex Segura, représentant du FMI au Gabon. Quant au second groupe, composés de pays sahéliens, privés de richesses du sous sol à l’exception de la Côte d’Ivoire, il fait montre d’une étonnante résilience. Aussi, les rumeurs de dévaluation concernent beaucoup plus l’Afrique Centrale qui fait face entre autres à la chute brutale des cours de pétrole et à une baisse de l’activité économique.

Le FMI qui note un léger mieux en 2017 avec la poursuite de l’érosion des réserves de change, à raison de 100 millions de dollars, estime nécessaire des refontes en profondeur. Le fonds qui a mis en place un programme de reconstitution des avoirs extérieurs signés avec chaque pays s’en arrêtera-t-il là?

Les dernières déclarations d’Alex Ségura conditionnent en tout cas le maintien de la parité actuelle à la mise en oeuvre d’importantes réformes incluant de fortes restrictions budgétaires. Loin des assurances données par le gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique Centrale, Abbas Mahamat Tolli, lors de sa conférence de presse du 11 juillet dernier: “«Aucun facteur objectif ne plaide aujourd’hui en faveur d’un ajustement monétaire dans la Cemac », avait déclaré l’ancien ministre tchadien des Finances.

Il faut dire qu’en l’espace de trois semaines, dans l’intervalle séparant les déclarations du gouverneur de la BEAC et celles d’Alex Segura, il s’est passé beaucoup de choses dont la découverte d’une dette cachée du Congo, faisant passer le ratio d’endettement de 70 à 120% du PIB, le plafonnement par la Guinée Equatoriale de transferts à l’étranger (1500 euros par mois pour les particuliers et les entreprises), le tout combiné à un faible appétit des investisseurs sur le guichet de refinancement des Etats (Bons de Trésor).

Face à ces nouveaux développement, les assurances du gouverneur de la BEAC adossées sur un taux de couverture de la monnaie fixé à 60% en 2017 contre 14,8% en 1993 et des réserves de 2.800 milliards de F CFA en 2017 contre 165 milliards en 1993 », ne vaudront pas bientôt 1 FCFA.

Pour rappel, la zone Franc comprend 14 pays d’Afrique subsaharienne (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, Centrafrique et Tchad). Le quinzième membre est l’archipel des Comores.

 

 

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