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Triple journée record à Wall Street

Triple journée record à Wall Street

Le Dow Jones, le Nasdaq et l’indice S & P 500 ont inscrit simultanément un nouveau record en clôture. Wall Street profite de la diminution des tensions géopolitiques et des promesses de croissance aux Etats-Unis.

La course au record est-elle en train de repartir aux Etats-Unis. Mardi soir, les trois principaux indices américains ont inscrit un nouveau record en clôture, après avoir enregistré des petites hausses de 0,28 % pour le Dow Jones et de 0,34 % pour le Nasdaq et le S & P 500. Wall Street affiche à présent un gain compris entre 11,5 % pour le S & P 500 et 19,90 % pour le marché des valeurs technologiques. Une performance bien supérieure à celle de l’Euro Stoxx qui gagne 6,6 % (mais +21 % en dollars). Pour le Dow Jones, il s’agit de son 36ème record depuis le début de l’année, alors que le Dow Jones en a inscrit 32 et le Nasdaq 47 !

Wall Street profite depuis le début de la semaine d’une diminution de l’aversion pour le risque, poussée ces dernières semaines par les ouragans et par le conflit larvé avec la Corée du Nord. Il a aussi bénéficié des propose du secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin qui a répété son ambition de mettre en place la réforme fiscale promise par Donald Trump avant la fin de l’année. La réforme sera sans doute très mesurée par rapport aux espoirs véhiculés il y a près d’un an par le président américain, mais rappelle Brian Hayes chez Morgan Stanley, « il y avait déjà un tel niveau de pessimisme sur le marché concernant le timing et l’ampleur d’une éventuelle baisse des impôts », que les investisseurs ne peuvent attendre que de bonnes nouvelles de ce point de vue.

C’est d’ailleurs ce qui explique aussi le rebond de 4,9 % en trois semaines des valeurs moyennes du Russell 2000 aux Etats-Unis, considérées comme les plus sensibles aux promesses fiscales et budgétaires de Donald Trump.

Une croissance bénéficiaire

Autre facteur positif, les dernières statistiques américaines ont plutôt réservé de bonnes surprises aux investisseurs, à l’instar de la confiance des petites entreprises (indice NFIB) ou du rapport JOLTS sur le nombre d’emplois disponibles (qui ne plaide pas en faveur de pressions inflationnistes) publiées mardi.

Frédéric Rollin chez Pictet AM fait ainsi le constat d’un « cycle économique qui repart aux Etats-Unis », avec un indice PMI bien orienté ou une confiance des consommateurs au plus haut depuis 20 ans. « La demande reste solide et il y a même une reprise notable des investissements ». Le contexte de reprise économique mondiale est aussi profitable aux Etats-Unis, poursuit-il, « le cycle économique est solide, synchronisé et sans doute durable, ce qui crée de la croissance bénéficiaire ».

Pas de surchauffe

Surtout, alors que les Etats-Unis sont en passe de connaître leur cycle de croissance le plus long depuis 100 ans (il dure depuis 98 mois), Frédéric Rollin ne constate « aucun signe de surchauffe » capable de le faire mourir. « Il n’y a pas d’inflation, les salaires augmentent doucement, ce qui permet à la Fed de maintenir sa politique accommodante ».

Autre élément moteur pour des marchés américains qui se négocient à des niveaux de valorisation élevés. Les résultats du deuxième trimestre ont été bons et les bénéfices du S & P 500 devraient encore croître de façon substantielle cette année, soutenue notamment par la forte baisse du dollar . « La résilience du marché est liée à plusieurs facteurs, en premier lieu les résultats des entreprises et les révisions qui continuent d’être fortes dans un contexte d’accélération de la croissance mondiale », explique Brian Hayes.

Reste que, malgré ses nouveaux records, Wall Street manque de souffle. Le S & P 500 ne gagne que 3 % depuis le début du semestre et semble avoir du mal à trouver un catalyseur fort capable de la propulser au-dessus des 2.500 points pour la première fois de son histoire. Car ces records continuent de s’accompagner d’un doute sur la cherté de Wall Street. La bourse américaine pâtit plutôt de sortie de capitaux depuis le début de l’année, les investisseurs préférant le Japon, l’Europe ou les émergents, où ils profitent notamment de l’appréciation du dollar.

Le dernier sondage de Bank of America Merrill Lynch montre que les gérants n’ont jamais été aussi sous-pondérés sur les actions américaines depuis 2007 (28 % en net en septembre, c’est-à-dire, la différence entre ceux qui sont sous-pondérés et ceux qui sont sur-pondérés, contre 22 % en août).

Cela se traduit d’ailleurs dans les positions des investisseurs à Wall Street, selon Morgan Stanley : les marchés sont déjà « sur la défensive, comme en témoigne la surperformance des valeurs de croissance et des méga-capitalisations aux Etats-Unis ». Signe que les investisseurs n’écartent pas le risque d’une correction à Wall Street. Il y a quelques jours, David Kostin, stratégiste de Goldman Sachs estimait que le S & P 500 pourrait retomber à 2.400 points à la fin de l’année, soit un potentiel de repli de près de 4 %, avant de repartir à l’assaut des 2.600 points avant la fin 2019.

Pierrick Fay
.lesechos.fr

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