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Valorisation du pagne local: Moins cher, le ‘’Koko Donda’’, prisé par des Ouagalais

Valorisation du pagne local: Moins cher, le ‘’Koko Donda’’, prisé par des Ouagalais
Le pagne local Koko Donda, ici en exposition, est moins cher …

Le pagne local ‘’Koko Donda’’, produit dans la région des Haut-Bassins, à l’ouest du Burkina Faso, autrefois réservé aux couches sociales défavorisées, s’est invité dans les habitudes vestimentaires des Burkinabè, notamment, les habitants de Ouagadougou. L’une des raisons de cette attraction est son coût abordable, en comparaison au Faso Danfani, autre pagne tissé localement.

Le Koko Donda, pagne tissé localement, a le vent en poupe au Burkina Faso, notamment, à Ouagadougou. Ces derniers temps, il n’est pas rare de rencontrer dans la capitale burkinabè, des personnes, de tout âge et des deux sexes, portant ce pagne aux rayures souvent multicolores. L’on est même tenté d’affirmer que de nos jours, le ‘’Koko Donda’’ est en train de rivaliser avec le ‘’Faso Danfani’’, un autre pagne tissé localement et de façon traditionnelle.

Les raisons de ce choix vestimentaire sont à la fois nombreuses et variées. Pour Aïcha Koné, la vingtaine, étudiante dans une Université privée de Ouagadougou, cette option d’habillement est due à ses origines à elle. «J’aime m’habiller avec ce pagne parce je suis ressortissante de l’ouest du Burkina et ce pagne est fabriqué chez nous», a-t-elle justifié avant d’ajouter qu’elle compte au moins, une demi-douzaine de tenues cousues avec le pagne Koko Donda dans sa garde-robe.

… comparativement au Faso Danfani

… comparativement au Faso Danfani

«Moi, ces derniers temps j’aime m’habiller en Koko Donda pour la simple raison que ce pagne fait classe. Généralement quand je porte un habit cousu à l’aide de ce pagne, les gens l’apprécient positivement», argumente pour sa part, Aimé Elvis Konkobo, jeune fonctionnaire. Pendant ce temps, Hamidou Ouédraogo, la quarantaine, parle de mode. «Je porte ce pagne pour ne pas rester en marge de la mode. Voyez-vous, c’est la mode actuellement. Vous verrez que toute personne qui se dit branchée porte le Koko Donda», avance-t-il.

De son coté, Adama Bamogo, la cinquantaine, commerçant, préfère le ‘’Koko Donda’’ en raison de son coût abordable, comparativement au pagne traditionnel ‘’Faso Danfani’’. «Avec 5000 ou 3000 F CFA, on peut s’acheter au moins deux pagnes Koko Donda. Pourtant, pour s’acheter un ‘’Faso Danfani’’, il faut débourser dans l’ordre de 10 000 F CFA», a expliqué le quinquagénaire.

L’effet de stylistes

 Le styliste Sébastien Bazemo dit Bazem’Se est l’un des promoteurs du pagne Koko donda

Le styliste Sébastien Bazemo dit Bazem’Se est l’un des promoteurs du pagne Koko donda

Cet intérêt inhabituel des citadins de Ouagadougou, pour le pagne local Koko Donda (l’entrée de Koko, en langue Bambara) ne date pas de très longtemps. Pourtant, le pagne existait depuis des années, mais était plutôt destiné ou prisé par les vielles femmes dans les villages. En ville, certaines femmes achetaient ce pagne, mais pour les servantes de maison. En effet, le ‘’Koko Donda’’ était considéré comme un vêtement de personnes démunies. Cela se comprend aisément à travers les prix auxquels l’on l’acquérait.

Les trois pagnes ‘’Koko Donda’’ pouvaient être acquis à environ 1000 F CFA, soit moins de 400 F CFA, le pagne, là où l’unité du pagne ordinaire est vendue au bas mots, à près de 1500 FCFA.

L’engouement des Ouagalais et des citadins d’autres villes burkinabè pour le pagne ‘’Koko Donda’’ peut être attribué à certains stylistes burkinabè qui en font la promotion lors des défilés de mode. Le dernier exemple en date est la soirée dénommée ‘’Folie de mode’’, organisée le vendredi 27 octobre 2017 à Ouagadougou.

Un mannequin en Koko Donda, lors d’un défilé de mode

Un mannequin en Koko Donda, lors d’un défilé de mode

Le styliste burkinabè Sébastien Bazemo dit Bazem’Se est l’une des personnes qui font la promotion de ce pagne, depuis pratiquement deux ans. «Je veux montrer au public que ce pagne est une fierté burkinabè», a-t-il dit, à l’issue d’un défilé de mode. Selon lui, «mettre en valeur ce pagne originel du Burkina Faso, c’est apporter une autre vision à ce produit local pour soutenir les femmes qui le produisent».

Actuellement, ce sont les commerçants et commerçantes de pagnes qui se frottent les mains. L’on en trouve dans divers points de vente de Ouagadougou.

Alfred KANON

ecodufaso.com / ecodafrik.com

 

 

 

 

 

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